Ahed Tamimi fait partie des générations palestiniennes « R » … ou « Retour »

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Ahed Tamimi - Photo : Archives
Rima NajjarLa détention d’Ahed Tamimi, du village de Nabi Saleh en Cisjordanie, ainsi que de sa mère militante des droits de l’homme, Nariman Tamimi, pour avoir « donné une légère claque » à un soldat israélien, comme l’a écrit Amira Hass dans Haaretz, n’est remarquable qu’en raison de la grande notoriété, du courage et sumoud (ténacité) de la famille Tamimi, qui faisait la couverture du New York Times Magazine en 2013.

C’est un sort partagé par des milliers de Palestiniens. Le père d’Ahed, Bassem, comme près d’un million de Palestiniens depuis 1967, a également vu une prison israélienne de l’intérieur.

C’est la frustration qui a fait réagir Ahed au tir d’un soldat israélien sur un jeune Palestinien de quinze ans, parent éloigné (Mohammed Tamini) qui venait d’être blessé à la tête par une balle en métal revêtue de caoutchouc et emmené dans un hôpital palestinien. (Voir Israelis shoot boy in head, take revenge against his family)

Une question se pose: « Selon vous que serait faire justice à Ahed Tamini ? Elle soulève un point important lié à l’occupation militaire israélienne de la Cisjordanie et à la légitimité du système juridique qu’elle y impose aux Palestiniens (les « colons » juifs et les Juifs en général en Cisjordanie sont régis par des règles différentes).

Dans le film documentaire The Law in these Parts, les juges et procureurs militaires israéliens ont mis à jour le cadre juridique et son impact humain sur les Palestiniens, jeunes et vieux.

L’énormité de cette situation en Palestine est abordée aujourd’hui au Congrès états-unien, où a été déposé un nouveau projet de loi états-unien: Les droits des enfants palestiniens sous l’occupation militaire israélienne.

Ahed refuse de répondre aux questions posées lors de son interrogatoire, ce qui indique clairement qu’elle n’accepte pas la légitimité de sa détention ni le système juridique militaire auquel sont soumis ses actes de protestation en Palestine occupée.

Justice pour Ahed Tamimi et tous les prisonniers politiques palestiniens est synonyme de libération immédiate.

La Conférence sur le Droit international et l’État d’Israël: légitimité, exceptionnalité et responsabilité de 2017 concluait dans son relevé de conclusions que :

« … alors qu’Israël a jusqu’ à présent misé sur l’utilisation du  » pouvoir coercitif « , reflétant ses alliances stratégiques et géopolitiques sur la scène mondiale et en particulier le soutien des États-Unis, à long terme, cela ne fournirait pas une solution viable et juste. »

Ahed Tamimi fait partie des Générations « R », si vous voulez, des générations de Palestiniens qui n’ont pas renoncé au retour dans leur patrie et à l’autodétermination – et qui ne renonceront jamais.

Selon la Commission palestinienne des affaires des détenus et ex-détenus 95% des nouveaux détenus palestiniens dans les prisons israéliennes sont des jeunes. Cette jeune génération de Palestiniens s’avère aussi courageuse et résolue que ses ainés légendaires, dont pour n’en citer que quelques uns : Ibrahim Al-Qawasmi et Louay Nashteh, 15 ans, d’Hébron, Wael Hashash, 19 ans, et Attallah Hash, 24 ans, de Naplouse, Ahmed Qassem, 19 ans, de Jénine et Ahmed Abu Rahma. 17 ans de Ramallah.

Plus de 6 500 Palestiniens, dont 300 enfants, languissent actuellement dans les prisons israéliennes.

* Rima Najjar est une Palestinienne dont la famille paternelle est originaire du village de Lifta, où la population a été expulsée par la force, à la périphérie ouest de Jérusalem. Elle est militante, chercheuse et professeure retraitée de littérature anglaise, de l’Université Al-Qods, en Cisjordanie occupée.

23 décembre 2017- The Palestine Chronicle – Traduction: Chronique de Palestine – MJB