Un citoyen britannique a été torturé par la police secrète israélienne

lundi 26 décembre 2016 / 4h:02
Prisonniers palestiniens en Israël
Prisonniers palestiniens en Israël. La torture fait partie des outils habituels de la police et de l'armée d'occupation - Photo : al-Jazeera
Asa Winstanley La police secrète Israélienne a torturé un citoyen britannique l’obligeant à « confesser » un crime qu’il maintient ne pas avoir commis.

Bien qu’Haaretz avait affirmé le mois dernier, qu’il avait été libéré, il semble que Faiz Sherari demeure sous la garde d’une « cour militaire » dirigée par le régime d’occupation illégale d’Israël qui gère le sort de tous les Palestiniens en Cisjordanie.

Le système de la « justice » militaire d’Israël dans les territoires palestiniens occupés est, en fait, un prétexte ridicule, celui qui applique strictement sur les règles de l’apartheid… S’ils ne sont jamais accusés d’actes criminels par l’État israélien, les colons juifs qui occupent illégalement les terres palestiniennes et propriétés de la Cisjordanie sont condamnés en vertu du système juridique civil d’Israël.

Pour les Palestiniens en Cisjordanie et Jérusalem Est occupée, cependant, il y a un ensemble distinct de lois militaires, et un système judiciaire géré directement par la même armée israélienne voyous qui a une main mise sur l’occupation illégale. L’ensemble n’est rien de moins qu’un tribunal fantoche. Soulignant le caractère raciste du régime, les citoyens palestiniens d’Israël (soi-disant égaux aux Juifs israéliens selon les propagandistes pro-Israël) sont souvent jugés en vertu du droit militaire aussi.

Selon le Guardian, Sherari est un citoyen britannique ; bien que né au Liban, il a vécu au Royaume-Uni pendant près d’un quart de siècle. Le Shin Bet – la police secrète israélienne avec un long et brutal de registre de torture, d’enlèvements et d’assassinats – accuse Sherari « d’avoir fourni de l’argent et des téléphones portables au Hamas » au cours d’un voyage de quatre jours en Palestine en septembre. Cependant, même la « juge » (en fait un officier de haut rang dans l’armée d’occupation) a admis que Sherari a avoué ce « crime » sous la torture.

Le lieutenant-colonel Azriel Levy dit que l’aveu, « qui avait été fait une heure après la fin de son interrogatoire Shin Bet… [était] manifestement influencé par la méthode d’interrogatoire », un euphémisme pour avoir été torturé pour faire de faux aveux. Ce soi-disant interrogatoire était, en fait, une torture. Selon Levy, il « inclut » des positions prolongées et douloureuses, des menaces et pressions psychologiques.

L’avocat de Sherari Ramzi Katilat, a déclaré au Guardian que « lors de l’interrogatoire, il a avoué. Mais ce que nous disons, c’est que c’est faux. Ce qu’il a dit était pour satisfaire l’interrogateur qui a utilisé une pression illégale. Il clame son innocence. »

La cour a ordonné la libération de Sherari à la fin du mois d’octobre, mais a ensuite apparemment changé d’avis. Sherari reste dans une prison israélienne.

Bien que Haaretz ait prétendu au début de novembre, que le tribunal militaire avait  » libéré[Sherari] de la garde à vue la semaine dernière, » un fonctionnaire du gouvernement britannique a déclaré récemment que « notre ambassade à Tel Aviv a évoqué, et continue d’évoquer, la détention de M. Sherari avec les autorités israéliennes, le plus récemment le 15 novembre. »

Cette déclaration a été faite le 28 novembre en réponse à une question écrite au député. Selon le Ministre adjoint pour le Moyen-Orient du Ministère des Affaires Étrangères à Londres, Tobias Ellwood, a répondu que « des agents consulaires continuent de fournir une assistance consulaire à M. Sherari et sa famille. »

J’ai demandé vendredi des informations à jour sur l’état de l’affaire, le Ministère des Affaires Étrangères n’a pas répondu à ma demande.

L’utilisation par Ellwood « d’agents consulaires » implique que c’est le consulat britannique à Jérusalem (plutôt que de l’ambassade de Tel Aviv) qui est en contact avec Sherari et sa famille. Cela sous-entend qu’il a peut-être famille palestinienne en Cisjordanie. Même s’il est né au Liban, il est possible qu’il soit un réfugié palestinien, même si je spécule sur ce point.

Cet apparent manque d’intérêt par le gouvernement britannique sur les droits humains fondamentaux d’un citoyen britannique est encore un rappel de plus de l’impunité dont jouit le gouvernement israélien à Westminster et d’autres capitales occidentales.

Si Sherari avait été emprisonné et torturé par un « ennemi » comme l’Iran, la Syrie ou la Russie, son nom et la photo aurait été sur toutes les unes des journaux ainsi qu’aux journaux télévisés. En l’état, un rapport du Guardian est le seul article sur l‘affaire dans les médias britanniques que je puisse trouver à ce jour. C’est un triste état des choses.

Israël doit soit produire la preuve du crime présumé de Sherari soit le libérer sans délai. En attendant, le gouvernement britannique, doit sans plus tarder commencer à assumer ses responsabilités et à exiger qu’il en soit ainsi.

Asa Winstanley * Asa Winstanley est un journaliste indépendant basé à Londres qui séjourne régulièrement dans les TPO. Son premier livre “Corporate Complicity in Israel’s Occupation” est publié chez Pluto Press. Voir son site web.

10 décembre 2016 – Middle East Monitor – Traduction : Chronique de Palestine – Sarah Bouachacha

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