Le Hezbollah va-t-il rejoindre les factions palestiniennes dans le conflit avec Israël ?

lundi 13 mars 2017 / 5h:21
Hassan Nasrallah
Hassan Nasrallah, secrétaire général du mouvement de la résistance libanaise - Photo : Archives/Info-Palestine.net
Ahmad Abu Amer Ville de Gaza, bande de Gaza – Le 21 février, Ramadan Abdallah Shalah, le secrétaire général du mouvement palestinien Jihad Islamique, a prononcé un discours lors de la sixième Conférence internationale de soutien de l’Intifada palestinienne à Téhéran, au cours de laquelle, il a manifesté la nécessité d’unir les fronts entre les factions palestiniennes à Gaza et le Hezbollah au Liban, par anticipation à la guerre qu’Israël mène contre l’un ou l’autre.

Ce n’était pas la première fois qu’une figure palestinienne lançait un tel appel. Le 22 janvier 2015, un appel similaire est venu de Mohammed al-Deif, le commandant de la branche armée du Hamas, Izz ad-Din al-Qassam. Deif a écrit une lettre à Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, pour lui exprimer ses condoléances à la suite du décès de membres du Hezbollah tués dans la ville syrienne de Quneitra par un raid israélien le 18 janvier 2015. Dans la lettre, Deif a appelé à la nécessité d’unir leurs efforts au sein de la nation arabe et islamique pour lutter d’un seul front contre Israël.

La suggestion de Shalah, à laquelle le Hezbollah n’a pas encore répondu publiquement, soulève des questions dans les rues palestiniennes sur le calendrier et les objectifs de cet appel. L’Autorité palestinienne s’est opposée à cet appel, qui a été soutenu par le Hamas et les autres factions palestiniennes. Pour leur part, les médias israéliens, tels que Canal 20, ont exprimé leurs préoccupations au sujet de l’appel de Shalah.

Dans une interview avec Defense News du 26 février, le brigadier général Yoel Strik, qui a déjà servi en tant que commandant du front intérieur au sein l’armée israélienne et qui assumera le commandement de la position nord au cours des prochaines semaines, a mis en garde contre des milliers de roquettes qui tomberaient sur Israël en un seul jour, si une guerre éclate avec le Hezbollah ou les factions palestiniennes dans la bande de Gaza. Strik s’attend également à ce qu’une telle guerre dure des semaines, au cours de laquelle des centaines de milliers d’israéliens devraient être évacués de leur foyer.

Le leader du Jihad Islamique Khader Habib, a laissé entendre à Al-Monitor que Shalah a lancé son appel en réponse aux menaces répétées par Israël de mener une nouvelle guerre sur la bande de Gaza ou au sud du Liban, soulignant que l’unité de factions palestiniennes est un facteur crucial dans la lutte contre le tout-puissant Israël.

Il a ajouté, « Nous espérons que le parti, auquel Shalah s’est adressé [le Hezbollah], entendra cet appel », notant qu’il y a une coordination entre les factions palestiniennes à Gaza et le Hezbollah, qui fournit la résistance palestinienne avec les factions (militaires), l’assistance d’information et de formation.

Interrogé sur la possibilité d’une bataille de Jihad Islamique contre Israël aux côtés du Hezbollah, Habib a déclaré qu’il était trop tôt pour évoquer cette éventualité, mais son mouvement et d’autres factions palestiniennes sont en train d’examiner méticuleusement cette probabilité.

S’adressant à Al-Monitor, le porte-parole du Comité de résistance populaire Abu Mujahid a confirmé que les factions de la résistance à Gaza ont été coordonnées avec le Hezbollah, et leurs efforts communs vont tirer avantages dans tous les combats qu’Israël pourrait mener.

Abu Mujahid a expliqué en outre qu’il serait de bon augure pour les factions de la résistance palestinienne d’ouvrir plusieurs fronts militaires contre Israël, notant que les factions à Gaza assurent les préparatifs militaires nécessaires en coordination avec le Hezbollah, qui a introduit secrètement des armes de contrebande dans la bande de Gaza depuis des années, pour protéger le peuple palestinien.

Les experts militaires et politiques s’accordent à dire que la tension qui règne sur la relation du Hezbollah avec le Hamas et le Jihad Islamique pourrait empêcher un tel accord militaire d’unification des fronts. Le Hamas et le Jihad Islamique refusent de prendre part dans le conflit en Syrie et ne sont pas d’accord avec le Hezbollah, qui se bat au côté des forces du président syrien Bachar al-Assad.

L’expert militaire à la retraite, le général Wasef Erekat estime qu’il ne sera possible de répondre à l’appel Shalah que si les dirigeants des parties à Gaza et au sud du Liban s’accordent sur une position politique unifiée. Il a en outre souligné que les ressources de la résistance à Gaza sont limitées et ne suffisent seulement qu’à des fins d’auto-défense, à la différence du Hezbollah, qui est soutenu financièrement et militairement par l’Iran.

Erekat a déclaré à Al-Monitor que le Hezbollah au Liban et les factions palestiniennes à Gaza ne peuvent pas vaincre Israël et l’expulser de la région une bonne fois pour toutes; ils ne disposent pas des ressources suffisantes pour dissuader Israël, surtout depuis que ce dernier reçoit un soutien militaire, financier et politique de l’Occident, à savoir des États-Unis.

Al-Monitor a tenté de contacter plusieurs sources proches du Hezbollah, mais ils se sont refusé à tout commentaire à ce sujet.

L’expert militaire Yousef Sharqawi, partage le point de vue d’Erekat sur la nécessité d’avoir une position politique unifiée entre les factions palestiniennes elles-mêmes et avec le Hezbollah avant l’unification de fronts. Il a souligné que l’unification de fronts contre Israël est très importante tant pour le peuple palestinien que libanais pour prouver leur supériorité dans une future confrontation avec Israël.

Sharqawi a expliqué que l’élément le plus important dans cette équation est le Hamas, parce qu’il représente la plus grande faction de la résistance à Gaza et se tient avec le camp du Qatar, qui s’oppose à l’ Iran et au Hezbollah, notant que le Hamas devrait maintenir cette position, tous les appels d’unification des fronts resteront un vœu pieux.

Cependant, Sharqawi n’exclut pas la possibilité de Shalah d’essayer de flatter l’Iran et le Hezbollah, grâce à son appel afin de recevoir plus de soutien militaire et financier.

Il a également mis en garde à propos d’Israël, qui tout en exagérant les ressources de la résistance palestinienne, pourrait manifester son intention d’entrer dans un nouveau conflit militaire dans un avenir proche.

On ne peut qu’attendre qu’un affrontement militaire se présente pour constater si l’appel d’unification des fronts pourrait être appliqué.

A1 * Ahmad Abu Amer est un écrivain et journaliste palestinien, travaillant pour plusieurs médias, à la fois locaux et internationaux. Il est titulaire d’une maîtrise de l’Université islamique de Gaza. Il a co-écrit un livre sur le blocus de Gaza pour l’Agence turque Anadolu.

3 mars 2017 – Al-Monitor – Traduction : Chronique de Palestine – Sarah Bouachacha

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