Pour Israël, le gavage des grévistes de la faim est légal !

mardi 13 septembre 2016 / 4h:54
Grévistes de la faim
Sanaa Balboul se tient avec sa fille Nuran devant une banderole dédié à son mari tué par les Israéliens et à ses deux fils en grève de la faim - Photo : MaanImages/Jaclynn Ashly
Ma’an news – La Cour suprême israélienne a statué dimanche que la loi qui permet le gavage des prisonniers palestiniens en grève de la faim est constitutionnelle, rejetant par la même occasion les requêtes déposées l’an dernier par l’Association médicale d’Israël (IMA) et par plusieurs groupes de défense des droits de l’homme qui soutiennent que la loi est contraire au droit médical et éthique, comme aux droits des grévistes.

La décision intervient alors que trois prisonniers palestiniens détenus sans inculpation par Israël poursuivent leurs grèves de la faim depuis plus de 60 jours, et que leur état de santé s’est gravement détérioré.

Le gavage des prisonniers serait légal, selon l’occupant

Après l’adoption de la loi en juillet 2015, l’IMA avait déclaré que si elle était confirmée, les médecins israéliens seraient dans l’obligation de l’ignorer, selon le journal israélien Haaretz.

 » Ceci est un cas dans lequel l’éthique médicale doit sans équivoque l’emporter sur la loi, et le message que nous voulons transmettre aux médecins est que l’alimentation forcée équivaut à la torture et qu’aucun médecin ne devrait y prendre part,  » a écrit Haaretz en citant le président de l’IMA, le Dr Leonid Eidelman.

Cependant, les juges auraient décidé dimanche que la question  » complexe  » des grévistes de la faim transcendait les droits habituels des patients.

Un gréviste de la faim  » n’est pas un malade ordinaire, mais une personne qui se met sciemment et volontairement dans une situation dangereuse comme moyen de protestation ou moyen d’atteindre un objectif personnel ou public,  » auraient estimé les juges, ajoutant qu’une grève de la faim et ses résultats ont  » des implications qui vont au-delà de l’affaire personnelle du gréviste lui-même.  »

Malik al-Qadi, Mahmoud et Muhammad Balboul sont toujours en grève de la faim

Dans le même temps, la Cour suprême israélienne a statué la semaine dernière de suspendre les ordres de détention administrative pour les grévistes de la faim Malik al-Qadi et les frères Mahmoud et Muhammad Balboul.

Dans les trois cas, les tribunaux ont déclaré que les peines seraient suspendues jusqu’à ce que leur état de santé se soit amélioré.

Cependant, les trois prisonniers se sont fermement engagés à poursuivre leurs grèves de la faim jusqu’à ce qu’ils soient complètement libérés de la détention administrative.

Al-Qadi, âgé 25 ans, est entré dans le coma ce samedi, alors qu’il a commencé sa grève le 16 juillet pour protester contre son placement en détention administrative – une politique israélienne d’internement sans inculpation ni jugement et sans limite de temps, sur la base de preuves non divulguées.

Pendant ce temps, ont circulé sur les médias sociaux des vidéos montrant Mahmoud et Muhammad Balboul – en grève pour protester contre la détention administrative depuis respectivement les 4 et 7 juillet – parlant avec leur famille au téléphone pour la première fois depuis qu’ils ont été kidnappés par les soldats israéliens après un raid sur leur maison le 9 juillet.

Les frères étaient visiblement épuisés et très amaigris, tandis que l’on peut voir Muhammad souffrant d’une cécité temporaire. Les deux frères ont dit à leur mère et à leur sœur très affligées qu’ils continueraient leur grève jusqu’à ce qu’Israël les libère.

Sadisme des autorités pénitentiaires israéliennes

Selon leurs avocats, les agents de la prison ont également provoqué Mahmoud en mangeant devant lui et en plaçant de la nourriture près de sa bouche et sous le nez, tentant ainsi de faire céder Muhammad et qu’il mette fin à sa grève.

Bien que les autorités israéliennes d’occupation affirment que la dissimulation de preuves au cours de la détention administrative est essentielle pour les problèmes de sécurité de l’État, des groupes de défense des droits de l’homme estiment que cette politique en réalité permet aux autorités israéliennes d’emprisonner les Palestiniens pour une période de temps indéfinie sans montrer aucun élément qui pourrait justifier leur détention.

Cette politique a déclenché une grève de la faim collective à travers les prisons israéliennes au cours des derniers mois, et à son moment le plus fort, plus d’une centaine de prisonniers s’étaient déclarés en grève de la faim temporaire en solidarité avec les dizaines de prisonniers qui participaient au mouvement pour une durée indéfinie.

Le gréviste de la faim le plus connu est Bilal Kayid, qui a suspendu sa grève de la faim le mois dernier après avoir passé 71 jours sans s’alimenter, et après qu’Israël ait accepté d’annuler sa détention.

Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), une organisation opérant en Israël [Palestine de 1948] et les territoires palestiniens occupés et qui fournit un certain nombre de services aux prisonniers palestiniens et à leurs familles,  » l’alimentation forcée des grévistes de la faim n’est jamais éthiquement acceptable. C’est en outre une violation de l’éthique médicale internationalement reconnue et elle peut conduire à des violations du droit international humanitaire « .

Un porte-parole du CICR ne pouvait pas être immédiatement joint pour commenter la façon dont la déclaration de dimanche aurait une incidence sur le travail de l’organisation dans les prisons israéliennes.

12 septembre 2016 – Ma’an News

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