« Mère Courage » vit en Palestine

Manal Tamimi - Capture vidéo
Manal Tamimi - Capture vidéo
HyoJin ParkPour Manal Tamimi, être une mère palestinienne implique beaucoup de responsabilités, toutes très graves.

Nabi Saleh, Cisjordanie sous occupation – Le vendredi est une journée de protestation à Nabi Saleh.

Manal Tamimi est allé à ces manifestations depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvient. Pour elle, être une mère palestinienne, c’est être aussi une militante. Il est impossible de séparer les deux rôles. Prendre soin de ses enfants implique souvent de les protéger contre les soldats et les colons israéliens.

« Quatre-vingt dix pour cent des mères palestiniennes vivent l’expérience, à un moment de leur vie, de voir l’un de leurs enfants blessé ou arrêté », dit-elle.

C’est vrai pour sa famille. Son fils aîné, Osama, a été frappé par une grenade à gaz lacrymogène et sa vue en a été très affectée pendant près de deux mois.


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Son deuxième fils, Hamada, a également été blessé, et à deux reprises. Sa deuxième blessure est survenue lorsqu’un soldat israélien lui a tiré dans la cuisse avec une balle de calibre 22. Des éclats de la balle sont toujours logés dans sa jambe.

Lorsque Manal manifeste contre les colonies illégaux ou écrit des commentaires sur les médias sociaux à propos de la détention administrative, elle se bat pour l’avenir de ses enfants et la défense de leurs droits.

Manal et son mari, Bilal font partie de l’équipe des médias locaux de Nabi Saleh. Bilal filme et photographie chaque manifestation dans le village tandis qu’elle gère un compte Twitter.

Être mère dans un territoire occupé signifie aussi avoir des discussions difficiles avec de très jeunes enfants. La plupart d’entre eux ont directement vu des amis ou des membres de la famille battus, arrêtés et même tués.


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Manal a été arrêtée et blessée plus d’une fois. Cela a traumatisé sa fille, et Manal a cessé de manifester pendant un certain temps. Ses blessures l’ont également forcée à rester à la maison le vendredi.

Elle accueille maintenant des journalistes et des militants qui se rendent à Nabi Saleh et elle fait des préparatifs pour les manifestants qui rentrent épuisés et les yeux pleins de larmes à cause des gaz.

Comme Manal aime à le dire, « Il existe plus d’une façon de résister ».

Coproducteur: Elia Ghorbiah
Images d’archives: Bilal Tamimi
Musique: Broke for Free

* HyoJin Park est video-journaliste pour Al Jazeera English.



16 août 2017 – Al-Jazeera – Traduction : Chronique de Palestine