
21 février 2025 - Les parents d'Ayman Al-Haimouni, 13 ans, lui font leurs adieux après qu'il a été abattu par les forces coloniales israéliennes dans la région de Jabal Jawhar, au sud d'Hébron, en Cisjordanie occupée. Au moins 197 enfants palestiniens ont été tués par les forces coloniales israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem depuis octobre 2023. À Gaza, les attaques israéliennes ont tué au moins 17 000 enfants palestiniens - Photo : Mosab Shawer / Activestills
Par EuroMed Monitor
Le ministre israélien de la Défense a ordonné à l’armée de prendre le contrôle de trois camps de réfugiés palestiniens dans le nord de la Cisjordanie et d’empêcher le retour des habitants. Euro-Med Monitor condamne fermement cette décision, qui révèle une grave escalade des pratiques d’apartheid et de déplacement forcé d’Israël contre le peuple palestinien, depuis la Nakba de 1948.
Le ministre israélien de la Défense a confirmé publiquement l’expulsion d’environ 40 000 réfugiés palestiniens des camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nur Shams, dans le nord de la Cisjordanie, invoquant la nécessité de cette attaque pour démanteler « l’infrastructure terroriste » dans ces régions.
Cependant, ce qui se passe réellement sur le terrain, c’est le déplacement massif des Palestiniens de leurs lieux de refuge, ainsi que la destruction de leurs maisons, de leurs moyens de subsistance et des infrastructures civiles, notamment l’eau, l’électricité et les routes.
Israël vise clairement à imposer une nouvelle réalité sur le terrain qui empêchera leur retour à court et à long terme.
Les actions de l’armée israélienne s’apparentent à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité, car elle mène des opérations militaires d’une manière qui viole de manière flagrante le droit international, qui impose la protection des civils et des biens de caractère civil et interdit de les prendre pour cible ou de les soumettre à des attaques aveugles ou excessives.
Ces violations répétées et à grande échelle démontrent le mépris flagrant d’Israël pour ses obligations juridiques internationales et constituent une menace sérieuse pour la population civile en Cisjordanie. Une intervention internationale immédiate est nécessaire pour que les responsables de ces crimes soient traduits en justice le plus rapidement possible.
De plus, le déploiement de chars par l’armée israélienne, l’établissement de sites militaires dans ces camps de réfugiés et l’empêchement du droit de retour des résidents reflètent un effort délibéré pour imposer un fait accompli militaire.
Ces actions violent le droit international et sapent effectivement les accords en vertu desquels l’Autorité nationale palestinienne a été formée.
L’équipe d’Euro-Med Monitor sur le terrain a observé le déplacement d’environ trois chars israéliens tard samedi soir. Les chars se déplaçaient depuis Muqeible, près du poste de contrôle militaire israélien de Jalamah à Jénine, et se positionnaient près du camp de réfugiés de Jénine, marquant ainsi le premier événement de ce type depuis 2002.
Le déploiement par Israël de chars dans des zones résidentielles densément peuplées dans un environnement purement civil s’est produit 33 jours après que son armée ait lancé l’opération à grande échelle « Mur de fer » à Jénine et dans son camp de réfugiés, qu’elle a ensuite étendue pour inclure Tulkarem et Tubas, conduisant à un contrôle israélien total sur les camps du nord de la Cisjordanie et à la destruction de centaines de d’habitations.
Cela indique que le déploiement de ces véhicules lourds ne sert aucun objectif sécuritaire ou militaire, mais s’inscrit plutôt dans le cadre d’une tentative israélienne d’établir par la terreur un contrôle militaire sur la région.
L’armée israélienne détruit systématiquement les zones citées plus haut alors qu’il n’y a aucune nécessité militaire de le faire, en utilisant des bulldozers pour ouvrir de nouvelles voies d’accès sur les ruines des maisons détruites.
En outre, l’armée a reçu l’ordre d’établir des sites militaires dans les camps dans le but apparent de modifier la réalité géographique de ces zones et de diminuer la signification symbolique des camps, qui représentent la cause des réfugiés palestiniens suite au déplacement des Palestiniens de leurs villes et villages en 1948.
La présence de l’armée israélienne dans ces camps a détruit tout moyen de subsistance, laissant des milliers de résidents déplacés, vivant soit dans des abris temporaires, soit chez des proches.
Euro-Med Monitor alarme sur le fait qu’Israël pourrait tenter d’imposer un nouveau fait accompli dans toutes les zones sous souveraineté de l’Autorité nationale palestinienne, rompant de fait les accords signés avec elle et annulant son rôle dans ces zones.
Cela pourrait être une étape vers l’annexion de la Cisjordanie et l’imposition de la souveraineté israélienne par la force, ce qui serait conforme aux directives des ministres israéliens d’extrême-droite qui ont déclaré 2025 comme l’année de la souveraineté sur la région.
Les déclarations officielles israéliennes font comprendre que l’assaut militaire ne se limitera pas aux camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie, mais s’étendra à d’autres zones du nord et du sud du territoire occupé, exposant des centaines de milliers de civils à des risques de mort, de blessures, d’arrestation, de déplacement ou de perte de leurs biens.
L’impunité dont Israël a bénéficié au cours des dernières décennies a été rendue possible par l’inaction internationale – ou la complicité – face à ses crimes d’agression, d’apartheid, de déplacement forcé et de confiscation de terres pendant 77 ans, ainsi que par le silence mondial concernant le génocide de 15 mois à Gaza.
Tout ceci a encouragé Israël à intensifier et à étendre son agression contre les Palestiniens et le territoire qu’il occupe.
L’absence persistante de toute dissuasion ou de conséquences juridiques augmente le risque de voir Israël commettre d’autres crimes, ce qui constitue une menace sérieuse non seulement pour les droits du peuple palestinien, mais aussi pour la stabilité de l’ensemble du système international.
Le récent avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) sur les politiques et pratiques israéliennes dans le territoire palestinien occupé affirme l’illégalité de la présence d’Israël dans ces zones.
La Cour a confirmé qu’Israël devait mettre fin à sa présence illégale dès que possible, indemniser les personnes lésées et remplir ses autres obligations envers le peuple palestinien.
La communauté internationale doit exercer une pression efficace sur Israël pour qu’il respecte le droit international, cesse ses opérations militaires dans le nord de la Cisjordanie, se retire des zones illégalement occupées, autorise le retour des résidents et mette fin à sa politique de destruction et de déplacement menée depuis des décennies.
Euro-Med Monitor exhorte la communauté internationale à garantir les droits du peuple palestinien :
- à vivre dans la liberté et la dignité
- à soutenir son droit à l’autodétermination en vertu du droit international
- à œuvrer pour mettre fin à l’occupation illégale et au colonialisme de peuplement israéliens dans les Territoires palestiniens occupés
- à démanteler le système d’apartheid et d’isolement imposé aux Palestiniens
- à lever le blocus illégal de la bande de Gaza
- à veiller à ce que les auteurs israéliens soient tenus responsables de leurs actes
- et à garantir le droit des victimes palestiniennes à réparation et à la justice.
Auteur : EuroMed Monitor
* L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme est une organisation indépendante à but non lucratif dirigée par des jeunes qui défend les droits humains de toutes les personnes à travers l'Europe et la région MENA, en particulier celles qui vivent sous occupation, en proie à la guerre ou à des troubles politiques et/ou ont été déplacés en raison de persécutions ou de conflits armés.
26 février 2025 – EuroMed Monitor – Traduction : Chronique de Palestine
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