
2 avril 2025 - Bâtiment de l'UNRWA après qu'il a été touché par une frappe israélienne, dans le camp de réfugiés de Jabalia, au nord de la bande de Gaza. La frappe, qui a eu lieu la veille sur un centre de santé abritant des Palestiniens déplacés, a tué au moins 19 personnes, dont 9 enfants. Dans une déclaration officielle, l'UNRWA a indiqué que depuis le début de l'attaque génocidaire d'Israël contre Gaza, plus de 300 bâtiments de l'ONU ont été endommagés ou complètement détruits, alors que toutes leurs coordonnées sont régulièrement communiquées aux parties belligérantes, et que plus de 700 personnes ont été tuées alors qu'elles cherchaient à se mettre sous la protection de l'ONU. - Photo : Yousef Zaanoun / Activestills
Par EuroMed Monitor
Les justifications d’Israël pour l’attaque du centre de l’UNRWA à Jabalia sont sans fondement et reflètent un mépris complet du droit international.
Le bombardement par l’armée israélienne d’un centre de santé de l’UNRWA dans le camp de réfugiés de Jabalia, au nord de la bande de Gaza, est un véritable massacre de masse.
Cette attaque s’inscrit dans une série de massacres délibérés commis par les forces israéliennes contre des civils palestiniens dans le cadre du génocide en cours depuis près de 18 mois.
Les forces israéliennes ont pris pour cible le centre de santé géré par l’UNRWA, qui abritait des centaines de civils déplacés, vers 10h55 le mercredi 2 avril. L’assaut a entraîné la mort de 22 personnes, dont 16 femmes, enfants ou personnes âgées, et fait des dizaines de blessés.
Euro-Med Human Rights Monitor souligne que cette attaque reflète une politique israélienne délibérée visant à attaquer les rassemblements civils et à causer des pertes massives, dans le cadre d’une offensive organisée pour effacer la présence palestinienne dans la bande de Gaza.
L’attaque a été menée sur deux fronts, les forces israéliennes frappant à la fois les côtés nord et sud du premier étage du centre. Le bombardement a également déclenché des incendies qui ont fait de nombreuses victimes civiles.
L’équipe de terrain d’Euro-Med Monitor s’est rendue sur les lieux immédiatement après la frappe et a procédé à une évaluation préliminaire sur place. L’équipe n’a trouvé aucune preuve de la présence ou de l’activité militaire palestinienne dans ou autour de l’installation, une affirmation corroborée par de multiples témoins directs qui ont catégoriquement nié la présence de toute personne armée ou de tout équipement militaire à proximité avant l’attaque.
L’utilisation par Israël d’armes hautement destructrices pour attaquer un abri densément peuplé, principalement rempli d’enfants, démontre une intention claire et délibérée de perpétrer un massacre.
Euro-Med Monitor condamne ce mépris flagrant pour la vie des Palestiniens et le déni total de toute forme de sécurité ou de protection, même au sein des installations des Nations unies qui sont censées bénéficier d’une protection spéciale en vertu du droit international.
Chaque fois que ses attaques provoquent l’indignation internationale, Israël répète systématiquement le même récit, à savoir qu’il visait des « militants », pour tenter de justifier ses actions. Cependant, Israël n’a jamais présenté de preuves vérifiables de ces affirmations ni permis à des parties indépendantes d’enquêter sur leur légitimité.
L’attaque du centre de l’UNRWA dans le camp de réfugiés de Jabalia constitue une nouvelle violation grave du droit international humanitaire, et la communauté internationale doit tenir les autorités israéliennes responsables des attaques répétées et délibérées d’Israël contre des infrastructures civiles légalement protégées.
Faire des déclarations non fondées sans preuve et bloquer les enquêtes sur ces déclarations n’exonère pas Israël de ses responsabilités en vertu du droit international humanitaire, ni n’exempte les autres États de leur obligation légale d’enquêter sur ces violations et de veiller à ce que les responsables rendent des comptes.
L’acceptation automatique par la communauté internationale des affirmations israéliennes qui manquent de preuves crédibles est indéfendable tant sur le plan juridique que moral. Euro-Med Monitor avertit que ce type de complicité passive accorde en réalité à Israël un chèque en blanc pour continuer à prendre pour cible des civils sous un faux vernis de légalité, exposant ainsi les fondements partiaux du système juridique international.
Dans un témoignage à l’équipe d’Euro-Med Monitor, Souad Mohammed Zahir, une Palestinienne déplacée qui a cherché refuge avec sa famille à la clinique de l’UNRWA de Jabalia après la destruction de leur maison, a raconté ce qui s’est passé : « Nous nous sommes réfugiés à la clinique après avoir reçu de nouveaux ordres d’évacuation. Elle était bondée de centaines de personnes déplacées, principalement des femmes et des enfants. Je préparais à manger quand j’ai entendu deux explosions assourdissantes. Toute la clinique a tremblé, des pierres, des éclats d’obus et de la poussière volaient partout. Je ne pouvais rien voir à cause de la fumée, mais j’entendais des gens crier de tous les coins. Quelques minutes plus tard, des gens ont commencé à sortir des corps des décombres, principalement des enfants. »
Ghada Obeid, une autre femme déplacée âgée de trente ans qui était présente à la clinique pendant l’attaque, a décrit les terribles conséquences : « J’ai vu les restes éparpillés d’enfants, de femmes au crâne fracassé et d’autres personnes qui avaient perdu leurs bras ou leurs jambes. Des membres des familles Falouja, Imad, Abo Sa’da et Aliyan ont tous été tués en un instant. Il n’y avait pas de combattants dans la clinique, seulement des familles cherchant à échapper à la mort qui nous guette partout. »
Un troisième survivant, qui a demandé à garder l’anonymat pour des raisons de sécurité, a ajouté : « La clinique était pleine de femmes et d’enfants. Pendant mon déplacement, j’avais noué des liens avec plusieurs familles qui y séjournaient, dont les familles Abo Sa’da et Aliyan. Après la frappe, j’ai reconnu neuf victimes de la famille Abo Sa’da et cinq de la famille Aliyan – pour la plupart des enfants – ainsi que de nombreuses autres personnes au même étage qui ont été tuées dans une frappe simultanée. »
Il a souligné : « Il n’y avait pas d’individus armés, contrairement aux affirmations israéliennes. Tous ceux qui étaient là étaient des civils déplacés cherchant refuge, et pourtant même les abris gérés par l’ONU ne nous ont pas épargnés des bombardements. »
Face au silence et à l’inaction inacceptables de la communauté internationale, et au mépris flagrant du droit international et des principes humanitaires, Israël semble mettre en œuvre une politique de la terre brûlée contre la population de la bande de Gaza.
La [prétendue] communauté internationale doit adopter des mesures immédiates et concrètes pour mettre fin aux atrocités israéliennes en cours et assurer la protection des civils palestiniens, car un nouvel échec à agir ne fera que permettre à Israël de continuer à commettre ses crimes en toute impunité.
Même si l’on acceptait l’affirmation non prouvée selon laquelle des « individus armés » étaient présents dans la zone le 2 avril, une telle circonstance ne dispense pas Israël de ses obligations juridiques contraignantes en vertu du droit international, y compris le droit international humanitaire.
Ces obligations comprennent le respect des principes fondamentaux d’humanité, de distinction, de nécessité militaire, de proportionnalité et de précaution. Afin de minimiser les pertes et les dommages causés aux civils, Israël doit respecter et garantir ces principes lors de la planification et de l’exécution de toutes ses opérations militaires, sans exception, y compris dans le choix des méthodes et des moyens de guerre.
L’occupant a l’obligation légale de s’abstenir de lancer toute opération militaire dans laquelle les dommages anticipés pour les civils l’emportent sur l’avantage militaire attendu. Ne pas le faire constitue une violation grave du droit international et est considéré comme un crime de guerre complet, comme le démontre ce cas particulier, qui s’inscrit clairement dans le cadre d’une politique systématique plus large menée par Israël dans la bande de Gaza.
Cette politique constitue un élément du crime de génocide en cours d’Israël contre la population palestinienne dans la bande de Gaza.
Les schémas de conduite militaire israélienne suggèrent une stratégie délibérée visant à éliminer les civils palestiniens dans toute la bande de Gaza, à répandre la terreur parmi eux, à les priver d’abris ou même d’une stabilité momentanée, et à les déplacer de force à plusieurs reprises tout en les soumettant à des conditions de vie mettant leur vie en danger.
Cela se fait par des bombardements soutenus, en ciblant des « zones humanitaires » désignées et en s’attachant à attaquer les centres d’hébergement, y compris ceux situés dans les installations de l’UNRWA.
Tous les États, individuellement et collectivement, doivent assumer leurs responsabilités juridiques en prenant des mesures immédiates pour mettre fin au crime de génocide dans la bande de Gaza sous toutes ses formes ; adopter toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils palestiniens ; veiller à ce qu’Israël respecte le droit international et les décisions de la Cour internationale de justice ; et garantir que les responsables israéliens soient tenus responsables de leurs crimes. Les mandats d’arrêt délivrés par la Cour pénale internationale contre le Premier ministre et le ministre de la Défense israéliens doivent être exécutés, et ces individus doivent être déférés devant la justice internationale.
En outre, la dite communauté internationale doit imposer des sanctions économiques, diplomatiques et militaires à Israël pour ses violations systématiques et flagrantes du droit international. Ces mesures devraient inclure l’interdiction d’importer et d’exporter des armes vers et depuis Israël, la cessation de toute forme de soutien politique, financier et militaire, et le gel des avoirs appartenant aux individus responsables de crimes contre les Palestiniens.
Il est également important d’imposer des interdictions de voyager et de suspendre les accords commerciaux bilatéraux et les privilèges qui permettent à Israël de bénéficier d’avantages économiques tout en continuant à commettre des crimes internationaux.
Enfin, tous les États et entités concernés doivent tenir pour responsables les États complices ou facilitant les crimes d’Israël, en particulier les États-Unis, ainsi que les autres gouvernements fournissant toute forme d’assistance ou de coopération – militaire, de renseignement, politique, juridique, financière ou médiatique – qui contribue à la poursuite de ces violations.
Auteur : EuroMed Monitor
* L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme est une organisation indépendante à but non lucratif dirigée par des jeunes qui défend les droits humains de toutes les personnes à travers l'Europe et la région MENA, en particulier celles qui vivent sous occupation, en proie à la guerre ou à des troubles politiques et/ou ont été déplacés en raison de persécutions ou de conflits armés.
26 mars 2025 – EuroMed Monitor – Traduction : Chronique de Palestine
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