Prisonniers palestiniens grévistes de la faim : « Seule la mort stoppera ce mouvement »

samedi 20 mai 2017 / 9h:15
Photo : Alaa Badarneh/MaanImages
Affrontements entre forces israéliennes d'occupation et manifestants palestiniens près de Naplouse, vendredi 19 mai - Photo : Alaa Badarneh/MaanImages
Ma’an News – Les quelque 1300 prisonniers palestiniens en grève de la faim ont continué à être transférés entre les prisons israéliennes et leurs hôpitaux de fortune, alors que leur état de santé continué à se détériorer.

Ils sont entrés dans le 33e jour de leur grève de masse vendredi, alors que des affrontements ont éclaté entre les forces israéliennes d’occupation à travers la Cisjordanie occupée et la bande de Gaza et les manifestants rassemblés pour soutenir des grévistes de la faim.

Déportations en masse

Le Comité des médias créé pour appuyer la grève de la faim a indiqué que le Service pénitentiaire israélien (IPS) a continué de déporter des grévistes palestiniens de la faim entre les prisons israéliennes, un grand nombre d’entre eux étant transférés des prisons situées dans le sud d’Israël vers le nord.

Tous les prisonniers en grève de la faim dans la prison israélienne de Nafha, où 400 grévistes de la faim sont détenus – le plus grand groupe de grévistes de la faim dans toutes les prisons – ont été déportés vers la prison d’Hadarim et de la prison de Shatta vers celle de Gilboa, a déclaré le comité.

Des rapports antérieurs du comité ont fait savoir que tous les prisonniers qui ont participé à la grève de la faim de masse ont déjà été transférés dans la prison de Beersheba, dans la prison de Shatta et dans celle de Ramla, respectivement au sud, nord et centre d’Israël [au sud d’Israël [Palestine de 1948]] – qui ont tous des hôpitaux de fortune installés dans les locaux des prisons et mis en place au début de la grève. Ces sites pourraient bien servir à imposer une alimentation forcée aux grévistes [technique du « gavage« ].

Selon le comité, des dizaines de grévistes de la faim en plus ont été transférés dans les hôpitaux de fortune des prisons, rejoignant des dizaines d’autres grévistes de la faim dont les conditions de santé se sont détériorées. Le comité a confirmé que le responsable du Front populaire pour la libération de la Palestine (PFLP), Ahmad Saadat, et le journaliste affilié au PFLP, Muhammad al-Qiq, ont également été transférés vers des services médicaux à l’intérieur des prisons.

Chantage aux soins

Le comité a aussi déclaré jeudi que les médecins israéliens dans les cliniques de terrain auraient proposé des soins médicaux aux prisonniers seulement en échange de la fin de leurs grèves de la faim – une offre que les prisonniers ont refusée.

Un avocat du comité a visité la prison israélienne d’Ashkelon où il a déclaré que les conditions de santé des prisonniers grévistes s’aggravent « jour après jour » et que beaucoup d’entre eux ont perdu plus de 20 kgs.

L’avocat a également noté que de nombreux prisonniers palestiniens malades poursuivent leur grève de la faim en dépit de leur faiblesse, y compris Othman Abi-Kharj, Yaser Abu Turki et Ibrahim Abu Mustafa, qui sont détenus dans la prison d’Ashkelon.

Dans une déclaration distincte, vendredi, le comité a signalé que l’avocat du comité, Mutaz Shqirat, a pu visiter le gréviste de la faim Mansour Shrem jeudi soir. Shrem était détenu en isolement dans la prison de Petah Tikva en Israël [Palestine de 1948].

Shqirat a déclaré que les responsables de l’IPS ont traité les avocats qui ont visité les grévistes de la faim d’une manière « humiliante » et leur ont imposé de nombreux contrôles avant de leur permettre de rencontrer les prisonniers pendant un court laps de temps. Shqirat a confirmé qu’il n’a pu rencontrer Shrem que quelques minutes après avoir subi un grand nombre de contrôles.

Shqirat a déclaré que Shrem avait perdu 18 kilos et souffrait d’épuisement et avait du mal à bouger. Shrem a expliqué à Shqirat que les médecins israéliens sont rarement présents dans les cliniques des prisons, malgré les graves problèmes de santé des grévistes de la faim.

Shqirat a aussi noté qu’il y a actuellement 80 Palestiniens en grève de la faim dans la prison de Petah Tikva.

Le comité a rappelé que « de nombreux détenus » ont annoncé qu’ils avaient arrêté de boire de l’eau en raison du refus d’Israël de négocier avec les prisonniers, ajoutant que la grève « est entré dans une étape critique ».

Selon le comité, les grévistes palestiniens de la faim ont répété aux avocats que « la mort est la seule chose qui peut arrêter ce mouvement ».

Lundi, des rapports sont parus dans les médias israéliens disant que des responsables de la sécurité palestinienne et de l’agence de sécurité intérieure israélienne, le Shin Bet, tentaient de parvenir à un accord qui mettrait fin à la grève de la faim.

Dans le même temps, le prisonnier de la faim Karim Yunis, le prisonnier palestinien le plus ancien, a insisté sur le fait que toute négociation légitime doit inclure les dirigeants de la grève, tels que le dirigeant du Fatah emprisonné Marwan Barghouthi, et a rejeté les tentatives signalées par les renseignements israéliens comme des « négociations fausses et futiles visant à casser La grève de la faim en échange de promesses vides ».

Affrontements entre forces d’occupation et manifestants palestiniens

Des affrontements ont éclaté avec des forces israéliennes d’occupation en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza sous blocus ce vendredi lors de manifestations organisées en appui à la grève de la faim. Les forces israéliennes d’occupation ont arrêté et blessé plusieurs Palestiniens, dont certains ont été blessés par des tirs à balles réelles.

Les affrontements sont survenus un jour après un assassinat commis par un colon israélien près du village de Huila, dans la région de Naplouse, qui a tué un Palestinien de 23 ans en tirant sur une manifestation de soutien aux grévistes.

Les prisonniers en grève de la faim revendiquent la fin du refus de visites familiales, le droit de poursuivre des études supérieures, de disposer de soins et traitements médicaux appropriés, et la fin de l’isolement cellulaire et de la détention administrative – un emprisonnement sans inculpation ni procès et sans limite de temps – parmi d’autres demandes pour le respect de leurs droits fondamentaux.

19 mai 2017 – Ma’an News – Traduction : Chronique de Palestine

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